lundi 22 janvier 2007

Moments éphémères



Comme annoncé précédemment, Paris.

Week end 1 :
Arrivée à 17h07 - enfin un peu plus. C'était cool de n'avoir que deux heures trente de trajet au lieu d'un peu plus de trois heures, à vrai dire je ne les avais pas vues passer.

Première étape : le lieu de squat. Dans le dix-huitième, à vrai dire, comme je l'avais écrit précédemment, on m'avait prévenue que j'allais mourir, me faire agresser dès la nuit tombée. Alors rectification directe, après ballade le soir avant et après la soirée, j'ai surtout vu un quartier très métissé et populaire, rien de spécialement flippant. Un peu comme le Haut du lièvre ces derniers temps. Ca va quoi faut pas non plus pousser le bouchon trop loin, hein. Bref. Le lieu sympa, clientelle et personnel métissé. Petit déjeuner offert, chambre avec le juste nécessaire, j'ai connu bien plus miteux.

Puis après c'est l'aventure. Je bouge pour Saint-Ouen. C'était plutôt labourieux vu le nombre d'heures de sommeil que j'ai eu à la semaine qu'on peut je pense compter sur les doigts d'une main. Je sais où je vais dans le métro, mais je suis crevée, je comprends rien aux directions et aux changements, je descends à quasi toutes les stations pour être sûre de ne pas me planter. Garibaldi, hop je descends.

Deuxième étape : le Vision'R festival. Saint Ouen c'est formidable, rien n'est indiqué et surtout pas Main d'oeuvres (l'une des salles où se déroule l'événement). Je remonte la rue des rosiers et je marche, je marche, je marche pour enfin attérir rue Charles Garnier avec la salle. Après un tour de la salle pour trouver l'entrée j'appelle Bertrand et hop rendez vous à l'intérieur. Retrouvailles avec l'intra-team, cool, tranquilles, posés. On blablatte. Je fais rapidement le tour. Dans la salle de concert, rien de bien extraordinaire, mis à part du très mauvais La phaze (alors imaginez le niveau). Bref. Salle d'expo ça devient déjà plus intéressant : une dizaine de VJ cachés derrière une montagne de MACtériel en train de mixer sur 360 dégrés avec des systèmes de plaques suspendues, des diapos, de la vidéoprojection ... de l'expérimentation visuelle plutôt intéressant. Le souci : le son, c'est vraiment, mais alors vraiment pas transcendant, je retourne à mon petit verre dans les petites loges enfumées juste à côté. Puis j'ai l'impression désagréable que les mecs n'ont pas leur style à eux, dans la technique ça se ressemble beaucoup : séquencement d'images retravaillées, point ...

Deuxième étape bis : le concert d'iNTraMURos. Ca commence déjà mal côté public, beaucoup sont dans un état de cuite avancée et l'installation est vraiment festive. Nath hallucine complet, à vrai dire, ce n'est pas pire que Libourne, l'année dernière. Bref. Niveau set list c'est quasi que des nouveaux morceaux - mis à part incubation et sex apple. Ca sonne bien, le son est bon - quoiqu'un chouilla trop fort. Niveau Visual mix on voit des thèmes fils conducteurs qui viennent et reviennent, des expérimentations plus ou moins concluantes, des quiproquos visuels improvisés, c'est déjà carrément mieux qu'à Golbey. Eux à moitié nus - n'importe quoi -_-'''' - puis disparition et ils reviennent habillés aux trois quarts du set pour un morceau, jamais entendu mais qui à mon avis fonctionnera bien. Quelque chose un peu dans l'esprit cabaret allemand enfumé des années quarante, avec une espèce de piano glauque en guise de fil conducteur - je sens qu'il y a luss' là dessous, mais bon je dis ça mais je ne dis rien puisque de toute façon j'en sais rien et je m'en fous, je préfère ne pas savoir. Bref. Persona Non Grata moins précutante qu'à Golbey, à vrai dire l'intro guitare brute à la Jambi (cf le dernier Tool) a été remplacée par l'intro vocale distordue du morceau. Je sais pas, ça change, c'est marrant. Puis Matthieu qui va dans le public. D'ailleurs détail technique à noter, il faut qu'il arrête de prendre un micro avec fil, tôt ou tard il va se viander. En tout cas les nouveaux morceaux rendent vraiment bien, ils sont percutants, c'est une bonne chose. Il y a eu le commentaire classique : "meuh il y a de l'allemand c'est des nazis, en plus mate ils sont chauves" ... A exploiter dans la scéno ça à mon avis, ça revient toujours, tout le temps ...

Après avoir tourné dans Main d'Oeuvres et vu un bout du concert de Denum - concert electro post punk un peu avec visu - décollage avec l'intra-team jusqu'à la porte de CLignancourt. Puis retour à l'hôtel.

Le lendemain, quelques rendez-vous annulés, d'autres pris pour plus tard. J'ai revu Margotte en plein travail intensif sur son chef-d'oeuvre. Retour pour quelques temps plus tard ... la rentrée.

A vrai dire je m'attendais à bien pire que ça. J'ai décidé de faire au mieux, même si j'ai cours tous les jours de la semaine, et de prendre des choses qui me motivaient vraiment - cours intéressants avec des profs que j'aime bien - Monsieur H en tête de ligne bien entendu :)

Emploi du temps qui me convient plutôt bien :
LUNDI : 9h-11h
MARDI : 8h-11h ; 12h-13h30 ; 14h-15h
MERCREDI : 17h-19h
JEUDI : 9h-12h ; 13h-15h ; 17h-21h
VENDREDI : 11h-12h
Ca me laisse du temps et pour bosser à Auchan et pour sauver ce qu'il reste à sauver de ma licence. Bref, bonheur.
Les notes commencent à tomber, je relativise comme je peux à vrai dire, je n'ai pas vraiment le choix.
Je démarre tout ça dans les strating-blocks :)

Sinon j'ai revu Nath, vraiment sympa cette fille. A mon avis "bosser" avec elle va être très plaisant. Affaire à suivre ...

Week end 2 :
Le théâtre du soleil.
Dès que tu intègres une formations d'arts du spectacle il y a des choses dont on te parle en long en large et en travers ... et eux, il en font partie.
La cartoucherie de Vincennes, ça me fait marrer, j'y vais avec ma colloc avec qui j'avais joué dans les Messagers de Christian Caro - "C'était une cartoucherie, une vraie. Maintenant ils y font du théâtre ... Alors ce qu'il y a de bien avec la goutte d'eau ...". Drôle de coïncidence.
Long voyage en bus. Arrivée à la cartoucherie vers 11h30. Retrait des billets et hop la queue.
Le public parisien je l'exècre, aucun sens de l'aimabilité, aucun respect ; ça gruge à fond dans la file, insupportable.
Les trois coups pour l'ouverture des portes et on commence à avancer. On discute je donne mon billet et ô suprise, c'est Ariane Mnochkine qui me le détache. L'avoir là à quelques centimètre de moi alors que j'en ai entendu parler pendant des années, de elle, son travail, ses idées, ses spectacles ; ça me paraît complétement surréaliste. Elle me souhaite bon spectacle, je ne trouve rien d'autre à répondre qu'un merci avec un sourire absolument niais.
Ensuite la course dans le théâtre pour trouver des places bien placées. Scène bifrontale, gradins plutôt raides avec petites loupiotes. Je suis à la place C6 Aile Est deuxième rangée sur la gauche, ça me va.
On retourne Aux milles bouhdas aka la cantine où est servi un rôti aux deux pommes avec de la salade, de la soupe et des desserts exotiques. C'est convivial, j'adore l'esprit grande cantine façon collège. Je me ballade pendant ce temps dans le théâtre, la libraire, l'espace détente, la cantine, les ailes. Je trouve magique le fait qu'on puisse voir les comédiens se préparer, se changer et s'échauffer ; ça fait un peu voyeur certes, mais j'aime beaucoup :) Les lumières se baissent dans le théâtre, il faut regagner sa place.

Et c'est parti pour six heures de théâtre.
Je ne vais pas m'amuser à vous raconter en détails les Ephémères, puisque d'un c'est impossible et de deux je n'en vois pas l'intérêt, il faut le voir pour le comprendre.
Les Ephémères c'est qui ? Nous, dans notre vie, dans nos joies, dans nos peines, dans les pires et les meilleurs moments de notre existence, dans notre passé, dans notre présent et dans notre avenir. Les éphémères ce sont surtout des tranches de vies entremêlées, se recoupant, visitant les dédales de notre petit nous, des moments d'émotions qui nous parlent, tout simplement.
A vrai dire ça m'a vraiment surpris de Mnouchkine ce travail très réaliste, très cinématographique. J'ai toujours ces images extraordinaires de Tambours sur la digue ou encore du dernier caravansérail si distantes et si proches à la fois. La chine de la campagne d'avant, les réfugiés parqués dans un caravansérail trop petit, ils ont l'air si loin de nous et pourtant ces personnages vivent comme nous, les mêmes émotions, on est touchés, on rit et on pleure avec eux.
Ce qui déstabilise dans les épéhémères ce sont ces îlots de réalité comme ça devant nous, avoir des morceaux de vie qui nous touchent encore plus de plein fouet. Des émotions à trois cents pour cent comme ça à quelques centimètres, sans aucune distance. La réalité passé par le miroir du théâtre.
Et ça à l'air simple comme ça mais supporter quelque chose de si intense pendant six heures quasi non-stop, c'est particulièrement éprouvant. Surtout quand ça évoque en long et en large quelque chose que tu as vécu. Au bout d'un moment, je vais être honête, j'ai complétement craqué, j'ai fondu en larmes.

Bref.
Le spectacle a divisé tout le monde. Soit on adore, soit on déteste. On est loin des spectacles complétement révolutionnaires de Mnouchkine du début du théâtre du Soleil tellement impressionants et laissant sans voix, mais il reste tout de même exceptionnel dans sa justesse et dans son émotion. C'est autre chose, il ne faut pas chercher à le comparer à ce qu'à fait Mnouchkine précédemment, je pense qu'elle est là l'erreur.

A vrai dire en ce moment c'est un peu le box ; beaucoup de choses à balancer ici mais très peu de temps. J'y reviendrais d'ici peu je pense.

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