mardi 4 novembre 2008

moi, U., je crie

en écoute :  l'album The Last Resort de Trentemoller (deezerisez !)

"Mais depuis quand tu t'épanouis dans l'administratif ? C'est des conneries, forcément, obligatoirement ! Vivie, ça se voit, ça se sent, l'artistique te manque, ça crie en toi, mais toi tu n'as pas ou plus le cran d'y aller."

Alors oui je l'avoue, les paroles de François de la dernière fois ont carrément fait leur bonhomme de chemin. Sur le coup, je m'en fouttais pas mal, et était clairement sûre de mettre "l'artistique" de côté, laissant ça pour "les gens qui sont vraiment doués" comme je dis.
Mais bon, j'y ai pensé, un peu, beaucoup ... Et oui clairement ça me manque, même si je ne me sens pas capable de grand chose. Le fait de faire des choses de mes propres mains me permettait de me sentir plus forte quelque part, de sortir tout ce qu'il y a de plus mauvais et maladif en moi pour en faire un moteur, quelque chose de presque positif.
Mais j'ai énormément de mal à considérer tout ça, ça n'en vaut la peine que si l'effet est bouleversant, au plus profond de soi pour soi et pour les autres. Je ne trouve plus ce petit quelque chose qui fait que je trouve l'énergie et les tripes nécessaires pour extraire quelque chose et qui abatte mes cloisons.
La satisfaction d'un Moi, Ulrike, je crie - pour prendre un exemple concret - était de porter un projet dans l'urgence la plus totale, un projet que personne ou presque ne soutenait et d'y aller à fond. Et d'être bouleversée à chaque instant par le texte comme si c'était la première fois et de sentir son coeur à chaque fois éclater sous la rage des mots...
Je me sentais terriblement malade, mais terriblement vivante aussi. Et ce coeur qui bat, me manque, clairement, oui.

De plus je n'ai plus le temps de rien, même plus le temps d'écrire, donc je me suis fait une raison quelque part. 

La clé, c'est l'organisation, je le sais, ça fait quatre ans que je le sais, que je dois devenir organisée. Mais c'est plus fort que moi, j'ai peut être besoin d'une thérapie, je n'en sais rien. C'est peut être pour ça que je n'arrive à bosser qu'avec des gens qui fonctionnent à l'arrache dans une sorte de chaos ambiant. 
Il y a peut être une catégorie de gens qui sont fait pour être comme ça, bosser dans l'urgence la plus totale, avec une communication à la ramasse, mais qui s'en sortent toujours un minimum. Je n'ai pas forcément été à la bonne école avec ceux qui font mes relations, mais voilà, chassez le naturel, il revient au galop comme on dit.

Nous sommes en novembre et je fais déjà le bilan et tire des conclusions.
Les choses deviennent de plus en plus claires de mon côté.

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